Que faire des émotions ? Les siennes, et celles des autres..

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…

Depuis quelques mois, nous assistons à une valse des émotions, que ce soient les nôtres ou celles des autres. Ce déferlement d’émotions est souvent l’une des caractéristiques des crises.

Ces émotions viennent précisément compliquer la communication, le management ou l’intelligence relationnelle de chacun. C’est pourquoi nous nous proposons ici de vous donner quelques clés pour identifier les émotions, mieux les comprendre et essayer de trouver des « stratégies » pour faire face…

LES ÉMOTIONS, À QUOI ÇA SERT ?

Une vie sans émotion est impossible et surtout n’est pas souhaitable. Aussi pénibles soient-elles parfois, elles ne sont pas les ennemies que l’on croit.

Pour peu qu’on les accepte, qu’on les écoute et qu’on en décode les messages, les émotions, sont les gardiennes de notre bien-être et les moteurs de nos actions.

ACCUEILLIR L’ÉMOTION

Nous avons du mal à considérer les émotions comme des alliées ; nous sommes facilement débordés par les réactions qu’elles entraînent ; par conséquence, nous préférons souvent rejeter nos émotions plutôt que de les accueillir. C’est une erreur qui les entretient et les renforce.

Voici quelques clés pour mieux les accueillir :

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…1 – DIMINUER L’INTENSITÉ DE L’ÉMOTION EN OBSERVANT SON RESSENTI

Il s’agit de décrire avec précision ce qu’il se passe dans notre corps et dans notre tête. Parce que, comme tout signal d’alarme, l’émotion a besoin d’attention et quand nous lui en accordons, elle va se réduire considérablement, nous permettant de réfléchir plus facilement à une réponse concrète.

Vous êtes en colère quand un patient, ou un collègue, s’adresse à vous avec mépris. Le fait de vous dire « je sens la colère monter », vous aidera déjà à canaliser son expression.

 

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…2 – NOMMER L’ÉMOTION

Le terme « stress » est devenu un fourre-tout facile qui nous déconnecte de ce qui se passe à l’intérieur de nous alors que nous avons besoin d’identifier l’émotion pour pouvoir la comprendre.

Il y a 4 émotions principales : la joie, la peur, la tristesse et la colère. Mais leur palette est très large et plus on s’exerce à les reconnaître et à les nommer, plus on devient précis.

Mais est-ce vraiment de la colère ? Suis-je contrarié ? Frustré ? Ou furieux ?

 

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…3 – ANALYSER LA SITUATION QUI A DÉCLENCHÉ L’ÉMOTION

C’est un gros travail sur soi, mais c’est à ce prix que nous serons en mesure de comprendre et donc de maitriser nos réactions émotionnelles.

Comparez les circonstances des différentes situations ayant déclenché chaque catégorie d’émotions. Quelles étaient les circonstances ? De quelle émotion s’agissait-il ? Quels sont les points communs à ces différentes situations ?

Accepter d’accueillir et de ressentir l’émotion au lieu de chercher uniquement à la supprimer, c’est déjà une énorme étape.

Que s’est-il passé exactement ? Était-ce la première fois ? Est-ce déjà arrivé avec une autre personne ? …

 

DÉCHIFFRER l’ÉMOTION ET AGIR

L’ensemble des réactions observées lors de l’étape précédente va nous donner des renseignements sur nos réactions émotionnelles et donc nous transmettre une information cruciale sur nos besoins malmenés, il s’agit maintenant de savoir ce que l’on souhaite en faire en passant par quatre étapes…

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…Attention aux pensées qui cherchent à nous faire croire que ce sont les manquements des autres qui nous impactent. Reconnaissons simplement que c’est nous-mêmes qui générons une émotion face à une situation et que cette émotion a de bonnes raisons d’être là : elle a quelque chose à nous dire sur nous.

Mon collègue n’a pas la même réaction que moi face à ce patient méprisant, que se passe-t-il en moi, pour moi ?

 

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…L’émotion cherche toujours à indiquer un besoin insatisfait dans une situation donnée.

Les besoins peuvent être des besoins de sécurité, de stimulation, affectif ou social, d’estime et de reconnaissance, d’autonomie, de sens, de cohérence…

C’est leur non-satisfaction qui déclenche les émotions. C’est donc la cause qu’il est important de traiter. Les émotions ne sont que les conséquences.

Trop de burn out sont le résultat d’un trop-plein d’émotions ignorées, aussi est-il important de mettre en place un plan d’action dès que les émotions émergent.
J’ai besoin que l’on s’adresse à moi de façon respectueuse quand je fais mon travail.

 

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…Au milieu du panel d’actions possibles, certaines sont exactement ce dont nous avons besoin, d’autres sont des paravents, parfois nécessaires pour éviter les réactions émotionnelles inappropriées.
Ainsi, ne rien dire lorsqu’un de vos patients ou collègues vous parle avec mépris et aller faire une heure de boxe à la place peut s’avérer peu productif, de même que vous jeter sur des bonbons pour compenser : vous avez besoin de trouver les moyens d’obtenir qu’ils s’adressent à vous aimablement. Il existe plusieurs techniques pour ce faire, notamment des techniques de « Communication non violentes », qui vous permettent d’exprimer votre ressenti et ce dont vous avez besoin.

Je pourrais aller me défouler en salle de repos et ruminer tout ça, ou je peux réfléchir à comment lui parler et à ce dont j’ai besoin pour que nos interactions se passent mieux.

 

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…Une fois que vous avez bien préparé votre stratégie pour résoudre la situation qui déclenche une émotion pénible, il est temps de passer à l’action. Pour cela, préférez un temps neutre, où vous n’êtes pas en réaction ni sous le coup de l’émotion, mais au contraire où vous pouvez agir de façon calme et posée.

Autorisez-vous des essais comme autant de phases de test dont on évalue l’efficacité jusqu’à obtenir satisfaction ! C’est une gymnastique !

Je choisis un moment calme, pour lui, comme pour moi et je lui parle notamment de mon ressenti. « L’autre jour, vous m’avez dit … et je me suis sentie … ce dont j’ai besoin c’est … je vous propose à l’avenir … qu’en pensez-vous ?… »

 

ET LES ÉMOTIONS DES AUTRES ALORS ?

Et les patients, vos collègues, les autres…que faire de leurs émotions ?

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…Suspendre votre jugement : limiter vos à priori pour mieux écouter. Prenez conscience de l’émotion qui arrive à aider l’autre à l’accueillir. Vous n’auriez pas eu cette émotion-là, ne le raisonnez pas. Écoutez-le, laissez-le s’exprimer et, peut-être même, aidez-le à aller à la recherche de son besoin.

 

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…Reformuler ce qui est exprimé, cela va l’aider à « nommer » l’émotion, à la prendre en compte.

Vous faites un effort pour comprendre sincèrement le problème tel qu’il est ressenti par l’autre.

 

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…Métacommuniquer : c’est l’art de communiquer sur la communication, verbaliser ce qu’on observe ou ressent. Dites ce que vous ressentez afin que l’autre puisse dire ce qu’il ressent.

Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…

LES ÉMOTIONS ET LA CRISE ?

Vivre une crise, c’est vivre un changement, et même une succession de changements. Et les changements se traversent en plusieurs phases parsemées d’émotions, manifestations d’autant de besoins malmenés (protection, stabilité, sécurité, reconnaissance…). Ajoutons, pour compléter le tableau, que nous n’avons pas tous les mêmes émotions au même moment puisque nous n’avons pas tous les mêmes besoins !

Alors, autour de vous et pour vous, dites-vous que c’est NORMAL de se sentir envahi d’émotions, il faut les accepter et surtout ne pas les rejeter ni les refouler, sous peine d’explosion ou d’implosion.Catalyse, Que faire des émotions ?  Les siennes, et celles des autres…

Pour ne pas se laisser entraîner dans la cacophonie émotionnelle ambiante, identifions-les ; on ne peut décider de nos émotions, on peut, en revanche, en atténuer l’impact.

L’un des enjeux pour chaque soignant face à un patient, chaque manager, chaque membre d’équipe est de ne pas se laisser soi-même déborder par ses propres émotions et d’aider les autres à mieux accueillir les leurs.

Dans la crise, les émotions sont partout, alors apprenons à vivre avec.

Les sensations nous renseignent sur l’état de satisfaction de nos besoins physiologiques (la faim, la soif…) tandis que nos émotions nous indiquent l’état de satisfaction de nos besoins psychiques.

ET LE COACHING DANS TOUT CELA ? …
CATALYSE est un cabinet de coaching dédié au secteur de la santé. Nous accompagnons les professionnels de santé sur les thématiques du management, de la communication, du développement personnel et professionnel.

Nous accompagnons individuellement et collectivement les changements professionnels, les transformations collectives, l’annonce de mauvaises nouvelles, toute phase de transition et également l’accueil des émotions …

Comment anticiper au mieux la sortie de crise ?

Catalyse, Comment anticiper au mieux la sortie de crise

A l’heure du déconfinement, alors que la crise du Coronavirus bat encore son plein, vous nous posez beaucoup de questions sur quand et comment anticiper la sortie de crise.

Dans cet article, nous revenons sur comment chacun a pu être amené à réagir face à la crise et nous proposons quelques pistes pour aborder l’après-crise plus sereinement.

La crise a été vécue par chacun différemment

Vivre une crise, c’est vivre un changement. Un changement violent par son ampleur, sa rapidité, ses conséquences.

Et dans le cas de la crise actuelle, les professionnels de santé ont vécu -et continuent à vivre- une succession de changements, souvent imbriqués les uns dans les autres : de nouvelles directives, une adaptabilité de tous les instants et une remise en cause permanente, un cheminement vers l’inconnu, …

Suivant sa situation, son contexte personnel et professionnel, ses ressources individuelles, chacun de vous aura vécu une expérience très différente.

Certains facteurs ont pu venir encore aggraver cette crise pour vous :

Votre situation personnelle : votre santé, la santé de vos proches, les conditions dans lesquelles s’est passé votre confinement, mais aussi vos conditions de travail : étiez-vous dans le feu de l’action sur le terrain ? Avez-vous dû télé-travailler ? Vous a-t-on contraint à suspendre votre activité ? Vous êtes-vous senti mis à l’écart ?

 

La réponse organisationnelle apportée par votre établissement : Est-ce que la mise en place d’une gestion de crise a été rapide et fluide ? Les rôles ont-ils rapidement été clarifiés ? Avez-vous manqué de moyens, de coordination ?

 

Enfin, la communication et l’information peuvent aussi être et avoir été des facteurs aggravants suivant votre contexte : Avez-vous dû faire face à des informations initiales imprécises ? Avez-vous été amenés à gérer des informations fausses voire contradictoires ? Est-ce que vous avez rencontré des difficultés de communication dans votre établissement ? Avec vos équipes ?

Au-delà du contexte, chacun aura aussi choisi « jusqu’où » il ou elle a eu envie, ou a été capable d’aller à titre personnel : en lâchant prise, en prenant des risques, en expérimentant ou en étant accompagné ; certains sont probablement sortis de leur zone de confort et ont fait de cette crise une occasion d’apprentissage et même de croissance, certains ont peut-être été tétanisés par la peur et ont eu du mal à agir, d’autres enfin, n’ont peut-être pas eu d’autre choix que de rester dans leur zone de confort.

En tant que manager, il est de votre responsabilité de réconcilier, au sein de votre équipe, des vécus différents. Il est de votre devoir d’aider chacun à reconnecter avec le collectif dont vous êtes responsable. La somme des expériences individuelles doit se rejoindre dans un vécu collectif fédérateur.

Et à titre individuel – quand vous serez prêt – il pourra être intéressant de réfléchir à ce que vous avez fait de cette crise et ce que cette crise a fait de vous …

L’après-crise

L’après-crise va marquer le début d’un nouveau fonctionnement. D’ailleurs, cela va faire partie de l’apprentissage individuel et collectif : accepter que « l’après » ne sera pas comme « l’avant ».

L’après-crise se structure en 3 temps :

  1. Reconnecter les individus au collectif et faire un retour de vécus
  2. Conduire des retours d’expériences qui permettront de capitaliser sur ce qui est ressorti de la crise
  3. Mettre en œuvre les ajustements managériaux et organisationnels, qui découlent, inévitablement d’une crise

Puis, il faudra, « comme avant », se remettre en veille, prévenir les risques (audits, etc.), mettre en place des formations…. En attente de la prochaine crise….

Retours de vécus

Il est important de commencer l’après-crise en organisant un retour de vécus, qui permettra au collectif de commencer à se reconnecter.

L’objectif de cette étape est de :

  • Partager le vécu de la crise
  • Purger les émotions qui ont été et sont toujours présentes
  • Entendre toutes les « voix » du système : certains se sont peut-être sentis à l’écart, se sont sentis sur-ou sous-utilisés, il faut leur donner un espace pour s’exprimer
  • Reconnaître le rôle que chacun a joué
  • Reconnecter le collectif en leur permettant de prendre conscience du nouveau mode de fonctionnement qui se met en place

Pendant cette étape il faut bien sûr laisser le « négatif » s’exprimer mais il faut être vigilant de donner aussi de la place au partage des expériences positives qui ont été vécues pendant la crise.

Modalités :

La meilleure manière de faire ces retours de vécus c’est à l’oral, en individuel ou en petits groupes. Il faudra ensuite trouver un moyen de partager ces vécus individuels avec le collectif. Cela peut prendre différentes formes : partager les propos des uns et des autres, tourner une vidéo, créer une fresque commune… dans le but garder une trace de ce qu’a vécu le collectif…

Quelle que soit sa forme, il faudra laisser une large place à la restitution, qui sera aussi importante que l’ouverture de la parole.

Retours d’expériences

Au-delà des retours de vécus, il faut particulièrement soigner les retours d’expériences sur lesquels vous avez bien-sûr envie de capitaliser, afin de savoir ce qu’il faut retenir / intégrer / modifier, non seulement pour de prochaines crises mais également dans le contexte du fonctionnement de votre établissement ou de votre service en général.

Avec ces retours d’expériences vous allez chercher à :

  • Comprendre ce qui a bien / mal fonctionné
  • Capitaliser sur la collaboration, l’innovation et l’entraide
  • Valoriser l’expérience acquise
  • Vous approprier collectivement l’expérience de la crise pour construire l’après

L’accompagnement catalyse

CATALYSE est un cabinet de coaching dédié au secteur de la santé. Nous accompagnons les professionnels de santé sur les thématiques du management, de la communication, du développement personnel et professionnel, de la qualité de vie au travail et du leadership au féminin.

Nous avons développé une approche spécifique d’accompagnement de la crise, qui peut se tenir en présentiel ou à distance suivant les besoins et le contexte sanitaire.

Notre démarche est sur-mesure et co-construite avec nos clients. Elle a pour vocation de s’adapter aux spécificités de chacune des organisations que nous accompagnons.

 

En savoir plus sur notre accompagnement

Comment manager au mieux en période de crise ?

Catalyse - Management de crise

Nous traversons une période inédite et particulièrement anxiogène…. pendant laquelle chacun fait au mieux pour s’adapter à un mode de fonctionnement exceptionnel et instable

Nous savons tous que les professionnels de santé sont en première ligne de cette crise. Et pour ceux d’entre vous en position managériale, à la complexité de la crise s’ajoute la nécessité de trouver une nouvelle manière de diriger, mobiliser et accompagner leurs équipes.

Aujourd’hui ce dont vous manquez ce sont des masques, des ressources, du temps et, malheureusement, nous ne pouvons pas vous les fournir…. Mais nous ne pouvions pas rester les bras croisés sans tenter de vous aider à notre manière.

C’est pourquoi nous vous proposons ici quelques clés sur le management en période de crise, en espérant que cela pourra soutenir- ne serait-ce qu’un peu- certains d’entre vous.

Merci de vous occuper de nous.

Manager en période de crise, cela signifie adapter vos objectifs, votre posture, votre communication. C’est souvent l’occasion d’aller puiser dans les ressources individuelles et collectives pour y trouver plus d’entraide, plus de créativité ; et mettre de côté les tensions, le stress et les enjeux personnels pour fédérer un collectif uni et efficace.

Au-delà de gérer une situation d’urgence, situation que beaucoup de médecins maîtrisent parfaitement, il s’agit de manager en période de crise, et cela pour une période qui s’annonce longue.

L’urgence et la crise ont cependant 3 principes communs très importants :

Ce passage d’un état à un autre peut prendre des formes plus ou moins radicales comme par exemple :

Catalyse - Management de crise

Sans exhaustivité, nous voulions partager les principales clés pour manager au mieux pendant cette période de crise.

1- Communiquez, communiquez, communiquez

Catalyse - Management de crise

En tant que manager, vous avez certainement plus d’informations que vos équipes sur la situation dans son ensemble, sur les contraintes de votre établissement, sur ce qui peut ou ne peut pas être fait. Vous entrez dans une période où il va falloir communiquer sans relâche : avec votre direction, avec vos équipes, avec vos pairs, avec vos patients.
Si vous n’êtes pas clair sur quelque chose, il est certain que vos équipes ne le seront pas non plus.

Catalyse - Management de crise

Au-delà de la communication orale, certains sujets peuvent nécessiter une formalisation par écrit afin de ne pas laisser de place à l’interprétation.

Communiquez pour clarifier mais communiquez aussi pour rassurer. La voix que vous portez en tant que responsable pèse un poids important pour vos équipes. Vous voir calme, vous entendre les rassurer, contribue à ce qu’ils se sentent capables d’affronter la crise.

Pour le reste… communiquez encore !

2 – Clarifiez les objectifs, les rôles et responsabilités et les règles du jeu

Cette situation de crise va nécessiter la mise en place de nouveaux objectifs et peut-être de nouvelles responsabilités et règles du jeu.

Il est indispensable de les énoncer afin que tout le monde partage la même vision :

Ces objectifs et ces règles du jeu peuvent être amenés à évoluer pendant la crise. Dans tous les cas, n’hésitez pas à les répéter régulièrement ou s’ils sont modifiés, à expliquer pourquoi.

Pendant cette période, la coordination sera essentielle, il est donc critique que chacun soit au clair sur son rôle et sur celui des autres.

3 – Adoptez un style de management directif

Nous avons évoqué dans d’autres contextes les différents styles de management : formatif, participatif, délégatif et directif.

En période de crise, il est indispensable d’adopter une posture de management directive et de le faire savoir.

Mettez en place une cadence de communications et d’interactions spécifiques à la crise et mobilisez vos équipes sur du court terme, des actions ciblées en leur faisant des retours très régulièrement.

N’oubliez pas de solliciter les experts qui vous entourent ou certains de vos collaborateurs : ils peuvent avoir la solution que vous cherchez.

4 – Assurez-vous que votre équipe n’est pas en « danger »

Il est essentiel de prendre soin de votre équipe par des messages collectifs mais aussi individuels. Soyez à leur écoute, aidez-les à verbaliser leurs craintes et répondez avec bienveillance et honnêteté à leurs interrogations.
Lors de ces échanges, évaluez le ressenti de vos collaborateurs et restez vigilant à leur épuisement qui vous mettrait tous en danger.

Mais pour autant, ne les maternez pas. En temps de crise, continuez à déléguer comme vous le faisiez auparavant à la fois pour vous et pour eux.

Ces moments d’échanges peuvent aussi être l’occasion de vérifier que les consignes et les objectifs ont bien été saisis par chacun.

5 – Prenez soin de vous

Plus facile à dire qu’à faire… Mais dans le cas de la crise actuelle, nous sommes certainement plus face à un marathon qu’à un sprint…

Soyez conscient de ce qui vous ressource personnellement, et faites-le, même si ce n’est que quelques minutes par jour. Respiration, méditation, lecture, sommeil flash… il est important de vous reposer physiquement autant que possible, mais également de ressourcer votre cerveau et de laisser une porte de sortie à vos émotions.

Vous préserver reste vital…

Notre crédo est : Et vous, qui s’occupe de vous ? Car nous sommes convaincus de l’importance de prendre soin de nos soignants.

Pendant cette crise du Coronavirus, nous avons plus que jamais à cœur de mettre tout en œuvre pour continuer à vous soutenir, vous qui êtes en première ligne pour nous.

Le changement

Catalyse - Coaching médical - Changement

Dans nos vies professionnelles et personnelles, nous sommes confrontés à de nombreux changements qui se succèdent rapidement. La société actuelle attend de chacun une adaptabilité immédiate, souvent dans l’urgence.
Cette pression extérieure nous amène à ne pas prêter suffisamment attention au malaise intérieur que peut entrainer le changement ainsi qu’au temps qu’il faut à chacun pour s’adapter à toute nouvelle situation.

En tant que manager, vous cherchez également à mettre vos équipes en mouvement, à les faire changer, mais vous ne savez pas toujours comment faire… En tant que soignant, vous êtes face à des patients qui subissent des changements, et vous avez parfois du mal à les accompagner….
Cet article tente de démystifier le changement et vous donne quelques clés pour mieux l’appréhender, l’accompagner mais également pour l’impulser autour de vous.

« Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. » Francis Blanche

1. QU’EST-CE QU’UN CHANGEMENT ?

Changement [man] n.m. Action de changer. Modification qui en résulte. Passage d’un état à un autre. Modification profonde, rupture de rythme ; tout ce qui rompt les habitudes, bouleverse l’ordre établi. Fig. Mutation soudaine et sans transition. Ant. Stabilité, constance.

Ce passage d’un état à un autre peut prendre des formes plus ou moins radicales comme par exemple :

  • Un déménagement
  • Un changement de poste et/ou d’organisation
  • L’arrivée d’un nouveau chef, d’un nouveau membre de l’équipe, d’un nouvel adjoint…
  • La naissance d’un enfant, l’annonce d’une maladie ou d’un échec de traitement…

Le changement peut être voulu ou imposé, positif ou négatif. Sa perception peut être amenée à évoluer et un changement que l’on ne souhaitait pas initialement peut se transformer en opportunité ou vice versa.
Et pour autant, même quand un changement est souhaité, il peut devenir difficile à accepter.

2. QU’EST-CE QUI REND LE CHANGEMENT SI DIFFICILE ?

Tout changement nécessite une transition. Un changement ne « prend » réellement que s’il est intégré par l’individu grâce à une phase de transition. Au-delà de la peur de l’inconnu, beaucoup des problèmes rencontrés lors des changements s’expliquent par une transition ratée ou écourtée. D’autres sociétés, tribales par exemple, préparaient leurs membres au changement par le biais de rituels de passage amplifiant et symbolisant leurs transitions internes. Cela permettait d’aider à clore un chapitre de leur existence avant d’en ouvrir un autre.
Nous mettons en place, au cours de notre vie, des points de sécurité, sur lesquels nous nous appuyons inconsciemment. Lorsque nous traversons une transition cela vient toucher certains de nos points de sécurité et cela peut impacter la manière dont nous pensions « contrôler » notre vie.

Notre vie est une succession de transitions

3. QUELLES SONT LES PHASES DU CHANGEMENT ?

Selon William Bridges, la transition se gère en 3 temps :

  1. Une fin : accepter de renoncer à une situation existante, et contempler ce qui ne sera plus.
  2. Une zone neutre : marquée par l’incertitude, la confusion, voire la détresse. C’est une période de maturation.
  3. Un nouveau départ : retrouver ses marques dans une situation nouvelle et positive, s’investir de nouveau.

Prenons l’exemple dans un établissement de soin, de la mise en place d’un nouveau système de prise de rendez-vous pour les patients, imposé par la direction…

Catalyse - Coaching médical - Changement  Au début, il y a la fin…

Il s’agit d’abord d’accepter de renoncer à la situation existante et d’en faire son deuil. Une partie de nous s’accroche au passé – même quand la situation antérieure n’était pas heureuse. Cette phase de fin passe par une prise de conscience de ce qui ne sera plus mais cette prise de conscience peut être douloureuse et engendrer du refus, du déni, de la tristesse, voire de la colère.

Cela fait partie du processus d’acceptation du changement.

Ex : Je refuse ce nouveau système, il n’est pas adapté à notre service. Il y a trop de spécificités, de particularités. La direction ne se rend pas compte, on ne fonctionne pas comme les autres services.

Catalyse - Coaching médical - Changement  A chacun sa zone neutre…

Entre la fin d’une phase et le début d’une autre, il y a un important passage à vide, à durée… indéterminée. C’est pendant cette phase que le travail intérieur profond et la maturation se font. C’est souvent la phase la plus négligée dans notre monde moderne, car nous essayons trop souvent de passer directement au nouveau départ. Ce n’est pas une phase « productive », on constate souvent des « allers-retours », des questionnements, des inconforts. Certains ressentent un besoin d’isolement.
D’autres ont peur ou rentrent en « marchandage ». C’est la phase où on a le moins de certitudes sur son avenir mais le plus de certitudes sur son identité profonde.

Ex : Ce n’est pas possible qu’ils s’entêtent, ça ne fonctionne pas ! Certaines personnes refusent d’ouvrir leurs plannings… Je vais négocier qu’on décale la mise en place … Ou qu’on ne le fasse que pour certains.

Catalyse - Coaching médical - Changement  Un nouveau départ, enfin !

La plupart des grands débuts de votre passé sont le fruit du hasard : une rencontre, un poste … Lorsqu’on est prêt à prendre un nouveau départ, l’occasion se présente rapidement. Vous allez ressentir des signes intérieurs manifestant que vous êtes prêt : idées, images, impressions… Vous acceptez le positif qui est attaché à ce changement. Vous (re)trouvez votre envie et dynamisme, et enfin vous passez à l’action doté d’une énergie et d’une vitalité nouvelle ! Vous vous sentez de nouveau engagé, acteur de la situation.

Ex : C’est vrai que cela fonctionne mieux. Les retours des patients sont plutôt bons et toute l’équipe a gagné du temps et de l’efficacité.

4. COMMENT IMPULSER OU ACCOMPAGNER LE CHANGEMENT AU AUTOUR DE VOUS ? 

Vous avez besoin d’impulser le changement dans votre équipe :

Quand on entame un changement, il faut être conscient que le changement exige du temps et un soutien continu pour le mener à bien. Voici les conditions pré-requises à la mise en œuvre d’un changement efficace :

Vous avez besoin d’accompagner le changement vécu par vos patients :

En tant que soignant vous êtes souvent confrontés à l’annonce de mauvaises nouvelles et à devoir accompagner vos patients dans les différentes étapes du changement. Vos patients passent très certainement par les différentes phases décrites ci-contre.

Ce processus d’acceptation peut se faire en une consultation ou, plus généralement, sur une longue période. Et comme pour tout changement il faudra que vos patients passent par la fin, la zone neutre avant le nouveau départ.

L’annonce de mauvaises nouvelles pourrait donner lieu à un article entier mais voici déjà quelques pistes sur lesquelles vous focaliser :

  • Préparer la consultation, choisir un lieu approprié, vous rendre pleinement disponible sans sollicitations extérieures

  • Être le plus clair possible dans vos explications- les avoir préparées- et vous assurer que le patient a bien compris votre message (reformulation, synthèse, … – cf article CATALYSE sur l’écoute active).
  • Prendre le temps : le temps de l’annonce mais aussi accepter le temps dont votre patient a besoin pour entamer sa ,transition. Si besoin prévoir une consultation de suivi.
  • Impliquer le patient en lui laissant le temps de poser ses questions, en l’impliquant dans les modalités de sa prise en charge Soyez à l’écoute du verbal et du non-verbal de votre patient. Il a certainement besoin de temps et n’est pas capable de passer à la suite pour le moment. Si possible, faites une pause, faites-le reformuler et programmez une nouvelle consultation. S’il n’est pas prêt, il ne retiendra rien car ses émotions prendront le dessus.

  • Enfin, ne vous oubliez pas dans tout ce processus qui peut aussi être difficile pour vous en tant que soignant. Parlez-en, faites-vous accompagner, trouvez les mécanismes de protection dont vous avez besoin pour accompagner ce changement.

5. ET LE COACHING DANS TOUT CELA ?…

CATALYSE est un cabinet de coaching dédié au secteur de la santé. Nous accompagnons les professionnels de santé sur les thématiques du management, de la communication, du développement personnel et professionnel.
Nous accompagnons individuellement et collectivement les changements professionnels, les transformations collectives, l’annonce de mauvaises nouvelles et toutes phases de transition …